Emilie Querbalec Rencontre avec Emilie Querbalec. Un premier roman, plusieurs prix et une quinzaine de nouvelles : cette Villebonnaise compte dans le paysage littéraire. Passionnée de science-fiction, elle vous invite à découvrir son univers, entre mondes imaginaires et technologies du futur.

Votre premier roman a vu le jour il y a quelques mois. Que pouvez-vous nous en dire ?


Les Oubliés d’Ushtâr vient d’être édité chez Nats Éditions. À l’origine, j’imaginais des cités flottant sur des océans. Petit à petit, les paysages se sont peuplés de personnages. Les contours de l’héroïne, Gul-Yan, se sont dessinés et son voyage initiatique a démarré. Vous connaissez peut-être les épopées « Space Opera » comme pour le film Star Wars. Dans mon cas, il s’agit de « Planet Opera », dont l’intrigue se passe sur une planète lointaine.


À 47 ans, vous voilà autrice. Était-ce le chemin que vous aviez choisi ?


Jeune, je rêvais d’être écrivain. Mes parents me disaient : « Être écrivain, ce n’est pas un métier ! » En 2005, j’ai fait une rencontre qui fut un véritable déclic : une amie écrivait de la poésie et souhaitait monter un cercle littéraire où chacun pourrait parler de ses textes ou de ses lectures. Je me suis mise à écrire, en pointillés d’abord, et finalement je me suis prise au jeu.


Internet a joué un rôle important dans l’épanouissement de votre plume.


Il existe de nombreux forums d’écriture, où se mêlent fanfictions, forums techniques, auteurs auto-édités… J’y ai rencontré des passionnés de science-fiction, animant des maisons d’édition associatives. J’ai soumis mes premiers textes. L’un d’eux, sur le thème de la folie, a été retenu par Les Artistes Fous Associés. C’est une grande émotion de se savoir publiée et de recevoir un exemplaire !

Vous abordez facilement des thématiques scientifiques. Comment vous y prenez-vous pour imaginer les technologies de demain ?


Inventer le futur est passionnant. Je ne suis pas tenue à une rigueur scientifique tout en m’inspirant de l’existant. C’est une chance de vivre à Villebon, à proximité du plateau de Saclay. On peut rencontrer de nombreux chercheurs. C’est très stimulant pour l’imagination. Pour mon prochain roman, je voulais aborder de façon crédible la mémoire génétique. Mes connaissances en biochimie étant insuffisantes, j’ai beaucoup échangé avec un chercheur en microbiologie avec qui nous avons exploré les idées les plus fantaisistes, me donnant ainsi des pistes narratives.

Vous avez été primée cette année au concours de nouvelles« Visions du futur ».


En juin, j’ai reçu le premier prix pour La Cloche, hasta siempre. C’est l’histoire loufoque d’une ville imaginaire en Amazonie où les habitants ont choisi de vivre sous une cloche afin de se protéger de la forêt. Malheureusement, divers événements vont fissurer le dôme et la forêt va se venger d’une façon surprenante…

D’où vous vient ce goût pour la science-fiction ?


J’écris des nouvelles fantastiques mais la science-fiction me vient naturellement. Elle me permet de traiter des sujets qui me tiennent à coeur dans notre monde contemporain mais de façon distanciée. Au final, la science-fiction est un vaste terrain de jeux !


Après une année 2018 particulièrement prolifique, quels sont vos projets pour la suite ?


Je viens d’achever mon deuxième roman. Sur une planète inspirée du Japon médiéval, l’écriture est interdite. La mémoire du peuple se transmet par des familles de conteurs, dont les capacités mémorielles ont été modifiées pour assurer leur fonction. Une jeune fille va tenter de soulever le voile et découvrir les coulisses de ce monde pour le comprendre. Dans ce roman, j’aborde les questions de la mémoire, de la transmission, de la censure, mais aussi de la technologie, du stockage de données…


Un dernier conseil pour ceux qui souhaiteraient écrire ?


En échangeant avec les auteurs et éditeurs, j’ai compris que je devais perfectionner ma technique d’écriture. Pour m’améliorer, j’ai beaucoup lu et j’ai suivi des ateliers. Résultat : j’ai réécrit cinq fois mon premier roman avant d’en être satisfaite ! Certains sont méthodiques, structurés et planifient tout avant de commencer à écrire. Je suis plutôt du côté des « jardiniers », qui sèment des graines d’idées et qui voient ce qui va pousser !

Oubliés dUshtâr Nats Edition F.Moncomble
Les Oubliés d’Ushtâr,
mai 2018, Nats Éditions
Lorsque le Gouvernement tombe aux mains du régime autoritaire et ultra-patriarcal d’Albâr, Gul-Yan n’a d’autre choix que de fuir pour sauver la Gemme de Vie, dépositaire de la mémoire de son peuple. Mais l’évacuation ne se déroule pas comme prévu… Dans les méandres d’une cité à moitié engloutie, la traque commence. Or rien n’arrête les Nadjams, ces soldats programmés pour tuer. Rien, sauf peut-être la légendaire Arme-Vie…
À emprunter à la Médiathèque municipale

 

 

 

 

Contact

Médiathèque municipale
Place du 8 Mai 1945
91140 Villebon-sur-Yvette
Tél. 01 69 93 49 15

Submit to FacebookSubmit to Google PlusSubmit to TwitterSubmit to LinkedIn