Mes Loisirs

Un grand vélo rouge, une immense sacoche : Adeline Barnault ne passe pas inaperçue. Cette jeune Villebonnaise a inventé un étonnant métier, celui de libraire itinérante. Voici Cultureuil, une toute jeune librairie ambulante.

Comment est née cette initiative insolite ?


Pendant 8 ans, j’ai été libraire à Gif-sur-Yvette. Au fil des années, je me suis rendu compte que je voyais souvent les mêmes personnes passer le pas de la porte. Cela m’a interrogée : comment donner accès à la lecture à celles et ceux qui en sont éloignés géographiquement ou culturellement ? En parallèle, j’ai toujours été une grande voyageuse et chaque retour était difficile. Je me retrouvais entre quatre murs alors que j’aimais être dehors et faire des rencontres. Peu à peu, une idée a germé. Je voulais conjuguer mon goût de la rencontre, du grand air et de la lecture.


Une librairie à vélo, ce n’est pas commun !


Je voulais créer une librairie ambulante mais sous quelle forme ? Un camion ? Un bus ? Cela ne me paraissait pas adapté : manque de connaissance mécanique, coût de l’essence, empreinte écologique… Alors que je me baladais en bord d’Yvette, j’ai croisé des parents en vélo à remorque transportant des enfants. Pour moi qui ai toujours fait du VTT en Vallée de Chevreuse, c’était la solution. Je me suis alors tournée vers l’association Les Boîtes à Vélo, qui regroupe des entrepreneurs à vélo (jardiniers, plombiers, menuisiers...). Ils ont été d’une très grande aide sur le choix du matériel et m’ont vivement encouragée.

« Je voulais conjuguer mon goût de la rencontre,du grand air et de la lecture »

Votre idée a été récompensée par un prix qui vous a donné un coup de pouce pour vous lancer.

En décembre, j’ai eu la joie de recevoir le 2e prix de l’innovation durable du Conseil départemental, mettant en valeur les initiatives sociales innovantes. Le projet a été le coup de coeur de Marc Lepage d’All in Factory, le lauréat de l’année 2017. Grâce à ce prix, j’ai pu fi nancer l’achat de mon vélo et être accompagnée dans la création de mon entreprise. Par ailleurs, j’ai rejoint Rurban Coop, une coopérative d’entrepreneurs autour de l’économie sociale et solidaire. Forte de ces soutiens, Cultureuil est née.

Votre vélo sillonne désormais les routes. Où peut-on vous croiser ?

Je vais de villes en villages en vallée de l’Yvette et en vallée de Chevreuse, là où il n’y a pas de librairie. Je me rends aussi dans des AMAPS, où les gens peuvent acheter un livre au même titre qu’un panier de légumes. Je participe également à des évènements culturels sur tout le territoire. À Villebon, je serai présente des jeudis après-midi, à l’occasion du marché, ainsi que lors de manifestations municipales (Guinguettes, St-Côme...). Par la suite, afin de me rapprocher d’habitants éloignés des livres, j'aimerais me rendre dans les résidences ou encore dans des zones d’activités comme Courtaboeuf.

Dans votre immense sacoche, que peut-on trouver ?

Je transporte près de 40 kg de livres d’occasion. Cela fait près de 200 ouvrages à découvrir à chaque voyage ! Pour démarrer, j’ai sollicité des dons de quelques amis, en leur expliquant que nous avons tous des trésors qui dorment dans nos bibliothèques. Mieux vaut leur donner une 2e vie plutôt que de les jeter. J’ai ainsi des romans, des essais, de la science-fiction, de la poésie, des polars, des livres jeunesse… C’est là que mon métier de libraire commence : je conseille, j’oriente, je partage mes coups de coeur. Pour chaque voyage, je prépare une vraie sélection. J’y insuffl e ma personnalité, ma passion. C’est ce qui démarque une librairie d’une grande surface. Il m’arrive même de glisser des romans de voyage et de la littérature étrangère, en lien avec mon goût de l’aventure. En rencontrant de futurs lecteurs, je les invite parfois à faire un « pas de côté » pour faire des découvertes.

Côté tarifs, qu’avez-vous choisi ?

Je préfère parler littérature que tarif, alors je propose des livres à tarifs uniques : 3 € le livre de poche, 5 € le grand format. Cela me paraît être un prix abordable et satisfaisant.

Quel accueil recevez-vous lorsque vous installez votre vélo dans les villages ?

La première fois, les habitants sont attirés mais aussi déroutés ! Je reçois toujours un très bon accueil : le vélo se remarque avec son petit côté bringuebalant. Le dialogue se noue, la librairie suscite l’empathie. Peu à peu, on s’apprivoise. En créant des rendez-vous réguliers, la librairie ambulante deviendra une habitude.

Avez-vous d’autres projets autour des livres ?

J’ai de nombreuses idées d’animations en tête : des ateliers créatifs, des évènements thématiques, des séances d’écriture, des lectures à voix haute, des présentations à domicile… J’apprécie l’idée de ne pas faire la même chose tous les jours. J’organise entre autres « Le petit cabaret des mots » à Bures-sur-Yvette le 3e jeudi de chaque mois où se mêlent concerts et littérature.

Au fait, pourquoi Cultureuil ?

C’est un jeu de mots. Culture, pour ne pas me limiter aux livres.Qui sait, un jour prochain ma sacoche pourrait s’étoffer de films et de musiques. Et le « – reuil » d’écureuil, ma mascotte, qui collecte et vit dans la nature. J’aime son énergie et sa sympathie, et je voudrais que la librairie soit à son image. Cultureuil est un concentré de mes passions. Son but : faire voyager les mots et les livres.

Facebook : Cultureuil
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