Rencontre Pierre Gontier Cerf-volant, kitesurf, parapente : Pierre Gontier a toujours rêvé de s’envoler. Membre de l’association des Piafs Migrateurs, ce sportif de 25 ans vient d’être sacré Champion de France de parapente. Rencontre avec ce passionné qui préfère le ciel à la terre ferme. 

Comment est née cette passion pour le parapente ?

Tout petit, ma famille passait ses va­cances sur les plages de Loire-Atlan­tique. Mon père m’a mis un cerf-vo­lant entre les mains, et la passion est née. À l’âge de 12 ans, je me suis mis au kitesurf. Cela m’a tellement plu que j’en ai fait mon métier : je suis moniteur depuis 3 ans. En 2011, nous partons avec mon père à la Dune du Pilat pour une ini­tiation au para­pente. C’est le coup de coeur : la discipline est complémentaire, la mécanique simi­laire mais les sensations différentes. Grâce au cerf-volant et au kite, j’ai vite trouvé mes marques.

Vous décidez alors de rejoindre le tissu associatif pour vous former techniquement.

Après quelques temps passés au club versaillais Ride & Cow, je suis devenu membre des Piafs Migrateurs de Vil­lebon. L’association propose de se for­mer via son école fédérale. J’ai ainsi pu acquérir un statut sportif, faire valider mes niveaux, passer mon brevet… La formation démarre par le gonflage au sol. Il faut apprendre à manipuler sa voile, un peu comme un cerf-volant. Il est essentiel de comprendre l’aérolo­gie pour s'adapter à chaque situation. Cela donne confiance en son matériel et permet de pratiquer en sécurité.

Il existe plusieurs disciplines en parapente. À laquelle va votre préférence ?

Trois pratiques principales sont pos­sibles en parapente. Vous pouvez vous consacrer à la voltige avec de nombreuses figures acrobatiques, à la distance où vous vous appuyez sur les courants ascendants pour aller le plus loin possible, et à l’atterris­sage de précision, un exercice venu du parachutisme, accessible à tous et pour lequel on a la satisfaction de progresser rapidement.

C’est dans cette dernière discipline que vous venez de vous illustrer en décrochant votre premier titre, et quel titre !

Sous l’impulsion de la Fédération Française de Vol Libre, les compéti­tions d’atterrissage de précision se développent. En avril dernier, les Piafs Migrateurs organisaient une com­pétition en vue de sélectionner des athlètes pour le Championnat de France. Nous nous sommes retrou­vés dans un champ de Seine-et- Marne avec de nombreux autres clubs venus de toute la France pour disputer plusieurs manches dans une très bonne ambiance.

Comment se passe une compétition ?

Sur un site de plaine, les sportifs dé­collent face au vent avec l’aide d’un treuil. La voile se gonfle et permet d’atteindre entre 300 et 500 m d’alti­tude. Depuis le ciel, le parapentiste va tenter d’atteindre une cible au sol. Trois arbitres se tiennent à proximité pour évaluer la distance entre le coeur de cible et l’endroit où se pose le pied. Chaque centimètre d’écart vaut 1 point. J’ai affronté de grands noms du parapente lors de cette compéti­tion, dont le Cham­pions 2017, et je suis très heureux d’avoir gagné, pour moi comme pour mon club. Ce bon résultat m’a permis d’être sélectionné pour le Champion­nat de France qui a eu lieu en septembre. La compétition gagne en précision à ce stade, avec un coeur de cible électronique. Jusqu’à la dernière manche, la bataille a été rude : à peine 4 points me séparaient du premier au classement. Lors du dernier atterrissage, j’ai posé le pied à 1 cm du centre de la cible, mon concurrent a fait un mauvais score, et j’ai ainsi décroché le titre de Champion de France d’atterrissage de précision.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus lorsque vous volez ?

Le parapente est l’un des rares aéro­nefs permettant d’être à l’extérieur en vol. Tous nos sens deviennent les ins­truments de pilotage : les yeux, la peau, les sensations… Cette sensation de glisse sur l’air est très agréable. Et bien sûr, le rêve de voler, de ne dépendre de personne et d’être autonome au contact de la nature est merveilleux. C’est très agréable de quitter sa condition de « terrestre » grâce à ce sport.

Quels sont vos meilleurs souvenirs de vol ?

Lorsque je vole en bord de mer, le survol de la Baie de Somme me per­met de m’évader : cette dune sau­vage, les phoques qui sortent la tête de l’eau, les oiseaux qui s’en­volent… En plaine, quel plaisir de s’extraire du sol et de jouer avec les courants pour tou­cher les nuages. Il n’y a pas plus magique ! En montagne, le parapente me donne la sensation d’être privilégié : en m’élançant d’un sommet, je peux atteindre un point de vue encore plus haut que la plus haute montagne alentour.

Il est surprenant de pratiquer le parapente en Île-de-France où il n’y a pas de montagne.

C’est une idée reçue de croire que le parapente ne se pratique qu'en mon­tagne. On ne compte pas moins d’une trentaine de sites dans un rayon de 200 km autour de Paris. Les parapen­tistes d’Île-de-France sont de très bons techniciens : ils sont habiles en gon­flage de leur voile et savent affronter des vents forts. Les montagnes ne sont pas nécessaires. La preuve : le record de France de distance en parapente est détenu par un Parisien qui a décollé de Rouen et a atterri à Limoges (411 km).

Après votre titre de champion, quels sont vos futurs projets ?

Devenir moniteur, au même titre que je suis moniteur de kitesurf. Cela me per­mettra de continuer à participer à la vie de mon club, mais aussi d’exercer une activité professionnelle toute l’année, me partageant entre la plage l’été et les stations de ski l’hiver. Le parapente est moins saisonnier que le kitesurf !

Le saviez-vous ? Le parachute est l’ancêtre du parapente. Le premier fut inventé pour des raisons militaires puis détourné vers le loisir. Quittant le ciel pour les montagnes, le parapente ne nécessite pas d’avion et permet de décoller avec ses propres moyens. Pour les sportifs, il s’agit avant tout de planer quand le parachute préfère tomber.

S’envoler avec les Piafs Migrateurs de Villebon
La vie du club s’articule autour de sorties à la journée autour de Paris ou à la semaine vers les Alpes. Si vous souhaitez vous initier à cette discipline, l’école de vol de l’association propose une formation dispensée par des moniteurs fédéraux. J’en profite pour remercier Fran­çoise Lerique qui a tant fait pour moi comme pour le club. Vous apprendrez les techniques, les théories, à lire la météo et à gonfler votre voile, avant de prendre votre envol sur les pentes écoles de la région comme celle de Courcouronnes. Vous pouvez nous rencontrer toute l’année, ainsi qu’à la Fête du Sport et au Forum des Asso­ciations si notre discipline vous tente.

 

 

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