Paratriathlète essonnien, Arnaud Grandjean s’entraîne avec passion pour obtenir sa qualification aux Jeux Paralympiques de Tokyo. Pendant un an, les Villebonnais seront à ses côtés pour suivre la préparation de ce champion hors normes.

Retrouvez la rencontre avec le sportif, Toumy Degham, son guide et l'équipe du film "L'Espoir bleu" sur la préparation de l'équipe de France de paratriathlon lors des Jeux Paralympiques de Rio en 2016, sur la chaîne YouTube de la Ville. 

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

J’ai 34 ans et je suis ingénieur-chercheur à la Direction Recherche et Développement d’EDF. Parallèlement, je pratique le paratriathlon, c’est-à-dire le triathlon destiné aux personnes en situation de handicap physique ou sensoriel. Je suis moi-même malvoyant en raison d’une maladie héréditaire qui entraîne une atrophie du nerf optique.

Comment se pratique le paratriathlon pour les personnes malvoyantes ?

Je concours avec un guide, Toumy Degham. Nous devons constamment être liés. Pour le cyclisme, nous partageons un tandem. En natation, nous nageons côte à côte avec un lien élastique de 80 cm entre nous. En épreuve de course à pied, nous sommes également reliés par un lien de 50 cm.

Comment se passe le travail avec votre guide ?

Nous nous sommes rencontrés via la Fédération Française de Triathlon. Nous nous entraînons chacun de notre côté puis nous participons à des stages ensemble. Le but est de se retrouver le plus possible pour multiplier les entraînements en particulier en tandem, afin de créer de bons automatismes. Je peux courir de façon assez autonome, même si Toumy est toujours présent. En natation, il cherche les bouées et je me dirige par rapport à lui.
Nous nous entendons très bien. L’aspect humain est primordial. Le triathlon est un sport individuel pour les valides mais dans notre pratique, cela devient un sport d’équipe.

arnaud grandjean

Où en êtes-vous dans votre parcours de qualification pour les Jeux Paralympiques de Tokyo ?

Les Jeux Paralympiques se tiendront du 24 août au 5 septembre 2021. Pour être sélectionné, je dois intégrer le Top 9 mondial à l’issue de la période de qualification qui s’achèvera en juin 2021. Le Comité Paralympique et Sportif Français validera la sélection des sportifs en fonction de leurs résultats. C’est pour cela qu’il est nécessaire d'assurer de bonnes performances lors des compétitions internationales et des championnats du monde. Je me classe actuellement 6e de ce Top mondial.

Comment avez-vous commencé cette discipline ?

Ma mère et mon frère sont porteurs du même handicap que moi. Ma mère nous a toujours beaucoup encouragés à pratiquer du sport. Nous avons commencé par le rugby où nous jouions avec des enfants valides. C’était un exutoire, une manière de se prouver que l’on pouvait y arriver aussi bien que les autres.
Cela n’a pas toujours été facile de s’intégrer. Il y a 30 ans, nous étions un peu des ovnis. Le milieu scolaire était encore très peu adapté aux jeunes en situation de handicap. Heureusement, les choses évoluent aujourd’hui, même s’il y a toujours des progrès à faire. En grandissant, il a été compliqué de poursuivre un sport collectif et nous sommes passés aux sports d’endurance.
 
« Pour les déficients visuels , le paratriathlon est un sport d’équipe »
 

Pourquoi le triathlon ?

J’ai pratiqué le paracyclisme (vélo en tandem avec un guide) et la course à pied pendant une dizaine d’années. Je voulais tenter le triathlon depuis longtemps. J’étais impressionné par les triathlètes et j’aimais le défi d’assurer 3 sports à la suite.
J'ai participé à mon premier triathlon suite à un pari ! En 2009, Julien Hervio, mon guide en tandem de l’époque, m’a dit : « si on se qualifie pour les championnats du monde de paracyclisme, je te devrais un triathlon ! ». Nous avons réussi et il a honoré son pari en 2013 pour les championnats de France de la discipline.
 

Comment s’est déroulé ce premier championnat ?

En raison des conditions météorologiques, l’épreuve de natation a été annulée. Un coup de chance car mon guide n’était pas très à l’aise avec la nage ! Nous sommes arrivés sur la première marche du podium, ce qui nous a permis d’être repérés par l’entraîneur de l’équipe de France de paratriathlon. Trois semaines plus tard, nous étions aux championnats d’Europe.
 

Aujourd’hui, le handisport passe sur le devant de la scène pendant les Jeux Paralympiques. Que diriez-vous pour inciter le public à les regarder ?

Les performances handisport peuvent être aussi impressionnantes que celles des valides. Les scores et les chronos ne sont pas directement comparables. Toutefois, l'engagement des sportifs est similaire à celui des valides. C’est une grande leçon de vie et de courage. La majorité des handisportifs ne sont pas professionnels. Les sponsors sont moins présents. C’est un vrai challenge de concilier vie professionnelle et vie sportive et d’arriver jusqu’au plus haut niveau. Les athlètes se transcendent, cela remet beaucoup de choses en perspective. C’est un accomplissement, un dépassement de soi.
 

Parlez-nous de votre partenariat avec la Ville de Villebon-sur-Yvette.

Je suis ravi de faire découvrir ma discipline aux Villebonnais. Ils pourront me suivre pendant toute ma préparation et partager cette expérience humaine. J’espère que cela apportera un regard différent sur le handicap. Je suis particulièrement heureux d’échanger avec les jeunes et les écoliers. J’espère leur montrer que malgré la différence, on peut accomplir beaucoup de choses.

 

Suivez Arnaud Grandjean

Sur Facebook : Arnaud Grandjean Paratriathlète

Sur Instagram : @nono_bigjean

Tout au long de l'année, retrouvez la préparation d'Arnaud Grandjean sur le site et sur la page Facebook de la Ville.
Il y est régulièrement accompagné de Jo, la mascotte villebonnaise remise à l'athlète par les enfants de l'école Andersen. 

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